Carla Chaim

Carla Chaim

« Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait. » Cette magnifique citation de Mark Twain traduit le travail de Carla Chaim, artiste brésilienne, mettant en scène la question des limites physiques et sociales de l’homme dans la société.

Les projets graphiques comme les performances de Carla Chaim sont méticuleusement calculés. Son corps absent ou présent de l’oeuvre est l’instrument central de son processus artistique. Les mouvements de l’artiste dans ses diverses interventions comme dans « Espinha de Peixe » (2016), référence au diagramme d’Ishikawa, le digramme de causes et effets, sont légers, voire poétiques. Les lignes invisibles remplissent l’espace et définissent de nouvelles possibilités d’occupation face aux obstacles.

Toujours avec précision, Carla exécute sur du papier millimétré avec un geste délicat et méthodique des formes géométriques simples et élégantes comme dans son travail de 2013. Sur du papier millimétré plié, deux carrées noires semblent s’éloigner et se rapprocher comme une danse. Ils sont le miroir de l’un et l’autre. La marque noire est sa signature. Aucune couleur, aucun artifice n’apparaissent. D’un trait grossier, elle dessine sur le papier, les murs ou les sols des lignes, des rectangles, des triangles ou des cercles gigantesques qui pénètrent et couvrent l’espace, indices de son passage. Ce débordement attire le spectateur qui ne peut qu’être happé et devenir également un acteur de l’oeuvre. La tête baissée ou le corps penchés pour entrer en contact avec l’oeuvre, le spectateur vit un mémento tant physique qu’émotionnel. La contemplation, l’expérience non conventionnelle de l’espace sont les conséquences presque spirituelles du travail de Carla Chaim.

Avec simplicité, mais force, elle croise dans ses oeuvres la sensibilité corporelle et la sensibilité intellectuelle. Les performances et le travail graphique de Carla éclairent l’influence de l’environnement sur nos comportements et nos pensées. Atteindre ses limites ? Jouer avec ses limites ? Le travail plastique de cette artiste repousse la redéfinition la relation du corps et de l’espace physiquement et socialement. De sa dernière exposition « White Flag » à Londres à ses premières réalisations telles que « Manequim/ Escutura » en 2007, Carla Chaim disloque les expériences quotidiennes et intimes. Elle sort de sa zone de confort, détendue et confortable. Carla Chaim explore l’inconnu et l’inhabituel. Les oeuvres de cette jeune artiste sont une recherche perpétuelle sur ces barrières virtuelles et contextuelles qui évoluent au fur et à mesure de la vie d’une personne. Peut-être que les pliures du papier ou les formes « cassées » ne sont que les représentations ou les vestiges graphiques de ce moment où chacun retrouve un peu de sa liberté dans lequel briser ce cercle répétitif de la routine stimule à nouveau l’esprit créatif.

  • Partager cet article :
Contemporain sur Facebook