Les installations naturelles d'Alejandra Hidalgo

Alejandra Hidalgo

Alejandra Hidalgo est entrée dans le monde de la création par différentes portes comme la poésie, la performance ou la photographie. Après beaucoup de temps et de persévérance, elle semble avoir trouvé dans l'installation ce qui lui correspond.

En 2003, il lui a été demandé d'habiter l'espace d'une maison de deux étages. Ce qui s'intitulera «Dans un autre temps..." lui prendra deux mois de travail, de recherche et 7000 tortillas cuites. C'est une installation monumentale sans formes bien précises, mais dont les branches jouent, sortent, se propagent dans les moindres recoins de l'espace. Ce travail a créé une certaine controverse. Dans un pays comme le Guatemala, où 40% des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition chronique, certaines personnes n'ont pas compris l'utilisation de cet aliment de base au Guatemala, exposé pendant un moment puis jeté à la poubelle. Alejandra a insisté sur le fait que son travail était un hommage à la culture guatémaltèque et aux milliers de femmes cuisinant quotidiennement des tortillas. Valide ou non telle est la question?

Elle s'en inspirera de nouveau en 2015 dans une installation intitulée "Onirique" dans une exposition proposée par la fondation G & T, " Le rêve interrompu." Prenant la forme d'une spirale venant de la terre vers le haut, les rêves se transforment, ils nous transforment et nous gardent constamment en mouvement, sortant d'un point et gradissant, se développant. Elle redéfinit dans ce travail la structure, les barrières expérimentales dans un espace limité lui donnant la forme d'un arbre et cela inconsciemment comme elle le déclare. Dans la religion chrétienne, l'arbre est le symbole de la connaissance, du bien et du mal et dans la culture maya par la Ceiba, l'arbre sacré, de la fierté de la civilisation maya.

Ce travail est une métaphore liant la violence et les tortillas, nourriture de tous les jours pour les guatémaltèques.

Avec son oeuvre, "Empreintes dans les trois temps" composée de 5100 tortillas représentant le nombre de jeunes filles enceintes entre 10 et 14 ans après avoir été abusées, la plupart du temps par un de ses parents, le travail de Alejandra est beaucoup plus engagé. Elle réalise un acte sociopolitique donnant forme à une violence quotidienne alimentant le pays mais restant malheureusement silencieuse. Elle permet une réflexion sur cette problématique mais aussi sur la solidarité entre les victimes et les personnes qui se battent avec elles. Ce travail est une métaphore liant la violence et les tortillas, nourriture de tous les jours pour les guatémaltèques. Le militantisme et l'esthétique du travail d'Alejandra expose la question de l'engagement.

Dans d'autres travaux, Alejandra offre une conscience environnementale. En effet, dans une installation appelée "Acidose", elle utilise des peaux d'orange pour recréer un espace et la réappropriation de ce dernier. Elle créent des formes et guide la perception du spectateur se promenant avec cette matière naturelle dans un paysage construit. Il ya une interaction, un échange mutuel, une atmosphère où le public peut se sentir confus par cette accumulation fusionnant l' art et la vie. Aujourd'hui, Alejandra Hidalgo continue cette réflexion sur ce que signifie être guatémaltèque et la relation entre notre conscience individuelle et notre conscience collective.

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