Le Nouveau Réalisme

Nouveau Réalisme

De 1960 à 1970, l’avant-garde néo-réaliste s’est affairée à faire la transition entre l’art abstrait de l’après-guerre et les tendances contemporaines que l’on connaît aujourd’hui. Prônant un retour au réel tant dans le sujet que dans la forme, le Nouveau Réalisme marque un bref mais inextricable moment de l’histoire de l’Art.

À partir des années 50, l’art connaît un mouvement général d’émancipation et de recherche de nouveaux thèmes, matériaux et messages. Désirant opérer une rupture directe avec l’après-guerre et s’inscrire dans l’atmosphère sociale de l’époque, caractérisée par la consommation et l’industrialisation, on voit poindre de nouveaux mouvements artistiques tels Fluxus, le néo-dadaïsme et le Pop Art.

La question du Nouveau Réalisme est quant à elle un peu plus complexe. Le mouvement, n’ayant existé qu’entre 1960 et 1970, réunit une poignée d’artistes et prône un message spécifique : Nouveau Réalisme, nouvelles approches du réel. En s’opposant aux tendances artistiques lyriques et abstraites de l’époque, les néo-réalistes s’inscrivent comme l’un des mouvements d’avant-garde les plus importants de la décennie 1960.

Parmi les figures les plus illustres de ce groupe d’artistes, on compte ses fondateurs, Yves Klein et Pierre Restany. Klein est un plasticien français dont la réputation n’est plus à refaire : se concentrant surtout dans la peinture, il a marqué le milieu artistique par ses monochromes bleus et son rapport complexe et unique au corps humain. Pierre Restany, quant à lui, est un critique d’art français, peut-être le plus important de l’après-guerre — Andy Warhol dira de lui qu’il est un mythe.

En s’opposant aux tendances artistiques lyriques et abstraites de l’époque, les néo-réalistes s’inscrivent comme l’un des mouvements d’avant-garde les plus importants de la décennie 1960.

Le 27 octobre 1960, Klein et Restany signent la Déclaration constitutive du Nouveau Réalisme en compagnie de sept autres plasticiens français, dont Arman, célèbre pour ses sculptures d’envergure immense qui accumulent maintes et maintes fois le même objet. Également parmi les signataires, Daniel Spoerri, sculpteur roumain dont une grande partie de l’œuvre se concentre sur les tableaux-piège, souvent des surfaces de table prêtes pour un repas, montées à la verticale, et les Détrompe-l’œil, œuvres classiques auxquelles un ou des accessoires servant supposément à démystifier le tableau. Par leurs œuvres, Arman et Spoerri participent chacun de leur manière à l’un des concepts les plus importants du Nouveau Réalisme : la perception de l’objet usuel (que ce soit les roues de voiture utilisées par Arman ou la nourriture par Spoerri) comme d’un matériau d’œuvre d’art. L’utilisation d’objets contemporains aux artistes dans leurs œuvres est en soi une manière de retourner à la réalité, une nouvelle approche du réel.

Le Nouveau Réalisme marque également l’arrivée d’un nouveau médium de transmission artistique : la performance, ou action-spectacle. L’une de ces actions les plus connues est « Anthropométries » de Klein, une immense toile sur laquelle se roulent, devant public, des femmes nues peintes en bleu.

Bien que le Nouveau Réalisme ait surtout touché les arts picturaux (peinture, sculpture, photographie), son idéal de retour au réel a inspiré plusieurs artistes externes à ces médiums. En architecture, le Nouveau Réalisme est un mouvement dont les participants recherchent de nouveaux matériaux et technologies pouvant aider au développement urbain ; en musique, le mouvement Fluxus, contemporain du Nouveau Réalisme, l’a à la fois inspiré et été inspiré par lui. De plus, la révolution néo-réaliste ne s’est pas limitée à l’Europe. Aux États-Unis, elle trouve à plusieurs niveaux son égal dans le Pop Art, par exemple dans leur rejet commun de l’abstraction et dans leur utilisation de matériaux quotidiens pour faire de l’art.

Photo de l'artiste Jacques de la Villeglé par Lothar Wolleh

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