Young British Artists

Young British Artists

En 1990, un groupe de jeunes artistes contemporains ont révolutionné le monde de l’art en Grande-Bretagne.

Dans les années 1990, la scène de l’art contemporain britannique est monopolisée par un groupe de jeunes artistes provocateurs, issus pour la majorité du collège Goldsmiths. Héritiers du conceptualisme et du minimalisme, ces artistes se sont tournés vers une représentation crue du quotidien, avec des œuvres choc qui explorent la vie quotidienne et la place de l’artiste dans la société.

En 1988, Damien Hirst, étudiant au baccalauréat en Beaux arts de Goldsmiths, organise l’exposition Freeze, qui réunit seize de ses collègues de classe dans un hangar des ports de Londres. Bien que l’exposition ne rencontre en aucun point le succès espéré, au moins un visiteur notable y met les pieds : Charles Saatchi. Le collectionneur visionnaire et philanthrope qui a auparavant exposé Warhol, Kiefer et Ritcher, voit en l’œuvre des jeunes artistes une telle révolution qu’il décide, au début des années 1990, il délaisse pratiquement l’art contemporain d’Amérique et d’Allemagne pour se tourner vers la Grande-Bretagne.

À partir de 1992, Saatchi inaugure la série d’expositions Young British Artists, au cours de laquelle sera notamment exposé The Physical Impossibility of Death in the Mind of Someone Living, une colossale installation de Damien Hirst. À l’intérieur d’un immense bloc de verre, un requin flotte dans une solution de formol. Cette œuvre audacieuse et controversée, qui remet en question malgré elle ce qui constitue, ou pas, de l’art, est aujourd’hui considérée comme un symbole de l’art contemporain britannique.

Les Young British Artists n’ont jamais hésité à repousser les limites de l’art pour créer de nouvelles frontières, frôlant parfois le scandale. Ainsi, A Thousand Years, la première installation majeure de Damien Hirst, est l’exposition, dans un grand bloc de verre, de centaines d’asticots et de mouches vivantes en train de dévorer la tête pourrie d’une vache. En 1999, Tracey Emin est nominée pour le prix Turner, grâce à My Bed. L’œuvre, largement médiatisée, est une installation singulière du lit de l’artiste, les draps défaits et tachés de secrétions corporelles, entouré de préservatifs, de collants et de sous-vêtements usés, de détritus et de divers objets usuels. En 1995, Emin produit Everyone I Have Ever Slept With (1963-1995), une tente dans laquelle elle inscrit le nom de tous les gens avec qui elle a déjà dormi, de sa grand-mère à ses anciens amours, sans s’oublier elle-même. L’œuvre est détruite dans le grand feu qui ravage l’un des entrepôts de la galerie Saatchi en 2004, qui emporte également les œuvres de Damien Hirst et d’autres Young British Artists, notamment des Chapman Brothers.

Les Young British Artists n’ont jamais hésité à repousser les limites de l’art pour créer de nouvelles frontières, frôlant parfois le scandale.

Everyone I Have Ever Slept With (1963-1995) et A Thousand Years font partie de l’exposition Sensations de Saatchi, qui se déroule en 1997. Explicitement provocatrice, cette exposition produit un tollé dans les médias, grâce à ses images parfois horribles, parfois intrigantes. Parmi les œuvres exposées, on compte également Self, de Marc Quinn, une sculpture de glace forgée à même le sang congelé de l’artiste.

Explorant la définition et les limites de l’art, les Young British Artists ont marqué l’imaginaire britannique et international. Détestés par certains pour leurs œuvres excentriques, admirés par d’autres pour leur courage et leur audace, les Young British Artists ont définitivement instauré un esprit de progrès dans l’art contemporain britannique. La galeriste Maureen Paley explique le succès du groupe par son fort esprit d’opportunisme : non seulement les Young British Artists ne se sont jamais imposé de limite dans leur art, mais dès la sortie de l’école supérieure, Damien Hirst a vu une ouverture, quelque part dans un entrepôt de Londres, et il l’a saisie.

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