Les petites sociétés de
Erick Menchu

Erick Menchu

Erick Menchu est né en 1977 au Guatemala. Il a toujours eu le désir de pouvoir s’exprimer par la peinture ou le dessin. C’est lors de ses études d’architecture que le besoin d’être artiste a été le plus fort.

Avec des amis, il crée le collectif « la Torana » en 2006, où chaque individualité se regroupe. C’est avec une certaine ingéniosité qu’il participe à des concours, des expositions établissant ainsi une certaine reconnaissance. Depuis 2007, Il est membre fondateur de l’atelier expérimental graphique du Guatemala.

Artiste autodidacte, touchant les techniques les plus diverses comme la gravure, la peinture, l’installation., le travail de Erick Menchu est composé par la seule déclaration de l’objet du quotidien, une vieille tradition dans l’art contemporain depuis les premiers ready-made de 1913.

Il se prête aux détournements et aux assemblages des plus surprenants, des « accumulations » comme « Nube » une pièce industrielle réalisée à l’aide de rapporteurs en 2013 à des mises en scène de la nouvelle sculpture contemporaine comme dans sa série réalisée avec des soldats en plastique faits de différents matériaux depuis 2011.

Les soldats deviennent une transfiguration de l’homme dans la société. Il y aborde les vices à l’intérieur de cette dernière.

Troia Troia

La pièce TROIA en est un exemple explicite. C’est l’image d’une ruse faisant découvrir une sinistre réalité : un trop peu de méfiance.

L’objet interpelle sur des sujets de société comme la religion, la famille, la violence.

Erick Menchu repousse au plus loin les limites du statut de l’objet, mais toujours avec une vision humoristique. Pour lui, ceci est un jeu. Pour cela, il produit différentes variations, modifications. À travers des techniques traditionnelles, Erick Menchu lui donne une vision conceptuelle et visuelle.

Le travail de Erick Menchu est chargé de singulières résonances. Dans la série « Topografia » en 2011, des photographies sont assemblées à même le soldéformant ainsi l’espace dans lequel nous nous trouvons L’objet participe au milieu qui le reçoit et qui l’expose. Par cette oeuvre, Erick Menchu offre une expérience physique et mentale au spectateur. Le spectateur a un réel rapport physique à l’oeuvre et modifie sa perception initiale.

Comme le dit lui-même Erick Menchu, « l’objet a de la force ». Erick Menchu fait partie d’une génération qui est née dans le monde des arts visuels où l’architecture, l’urbain, la technologie ont une place importante. Le travail de Erick Menchu exprime une certaine fragilité et précarité par les objets et techniques choisis, en contradiction avec le thème abordé.

Gravure

Mais le travail de Erick Menchu ne se résume pas seulement à l’installation ou à la peinture, mais également à la gravure. Par cette technique ancestrale, Erick Menchu revient aux racines de la culture avec une vision contemporaine. Les préoccupations sont les mêmes, la représentation de la famille, de la société, de la religion. À travers la production de ces images, les visages apparaissent comme par magie, mais avec un grand contrôle. Les personnes gravées ont un aspect mystique, le regard lointain, absent. Erick Menchu nous livre un message : l’inquiétude derrière les apparences. Le portrait est souvent symbole de l’instant de communion parfait entre les êtres, surtout d’une même famille. Dans ce cas, c’est tout le contraire, les petits êtres cachés dans ses gravures représentent-ils ce que nous sommes vraiment ?

Le travail de Erick Menchu exprime une certaine fragilité et précarité par les objets et techniques choisis, en contradiction avec le thème abordé

Le travail de Erick Menchu demande de la réflexion dont lui seul possède la clef de l’interprétation. La technique utilisée le guide dans la réalisation et l’aboutissement de son oeuvre. Pour Erick Menchu, les préoccupations manifestées dans son oeuvre fleurissent selon comment l’un est éduqué. Comme le déclare lui-même l’artiste, « parfois je produis par pure satisfaction ou sur demande. Au Guatemala, le manque de structure définie de galeries, d’un circuit peu professionnalisé empêche les artistes d’avoir une carrière solide. IL faut donc penser à un certain marché de l’art pour pouvoir avoir une certaine réception de ce dernier ainsi que du public cultivé et vendre,sans pour autant oublier de libérer les tensions que l’artiste a. »

Aujourd’hui, Erich Menchu se tourne de nouveau vers la peinture. « Un exercice qu’il doit polir pour une discipline qui demande de la pratique si l’on veut arriver à quelque chose ». Pour Erick Menchu, ce temps de repos est « sain, enrichissant au niveau créatif ».

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